
Des morceaux doux, chaleureusement planants, parfois teintés de mystère, et invitant à la pause : se connecter à l’univers de Mitxoda, c’est se déconnecter de ce monde de brutes. Aussi bien dans ses morceaux que sur son salon indie (une délicieuse playlist hebdomadaire), on se sent bien, comme dans un profond cocon. L’ambiance du salon rappelle presque un peu celle de la radio FIP : éclectique, feutrée et décontractée.
Mitxoda est l’un des artistes de notre communauté d’entraide. LZMP vous propose de mieux le connaître à travers cette interview et les liens vers ses productions et réseaux sociaux
Si tu devais te présenter en quelques mots ?
Je suis Mitxoda. Un nom de scène fabriqué de toute pièce en mars 2024. Un projet solo né d’un burn-out, d’un trop-plein de silence, et d’un besoin vital de retrouver la musique comme souffle. J’écris, je compose, je joue, je produis. Parfois seul, parfois avec des ami·e·s qui traversent ma route. Mon univers ? Un mélange d’électro, de chansons françaises, de rock alternatif, de musiques du monde… (un peu de tout en fait 🙂 ). Je ne cherche pas à rentrer dans une case, c’est certain… je cherche à ouvrir des portes. Pour moi et pour d’autres.
Il faut voir Mitxoda comme un voyage, un mouvement presque. Celui de la reconstruction, de la mémoire, et des fragments qu’on recolle.
Mitxoda, ça se prononce MI-TCHO-DA, avec le TX basque au milieu 🙂 Comme je suis d’origine hongroise et basque, j’ai fait un mix, entre une expression en hongrois (mi csoda) qui veut dire +/- “qu’est ce que c’est”, et Mitxoda qui ne veut rien dire (ou presque) en basque :-).

Quelles sont tes influences majeures ?
Elles sont multiples et parfois contradictoires. J’ai grandi avec le rock progressif des années 70; Genesis, Pink Floyd, mais aussi Led Zep, ou encore Joe Jackson période Heaven and Hell. Mais aussi avec la chanson française, la pop sombre, le post-rock, les textures électroniques. Je pourrais passer des heures à lister des artistes qui ne se retrouveraient jamais sur une seule et même playlist.. exceptée la mienne 🙂
Aujourd’hui, je me nourris autant de Radiohead que de Skunk Anansie, de Bob Marley à Blondie, des Cure à Universal Nation, autant de musiques de film que de groupes indie que je découvre chaque semaine dans les soumissions de la communauté. J’aime les artistes qui racontent, qui expérimentent, qui osent le silence autant que le bruit. Bref, ceux qui arrivent à m’étonner sont rarement ceux auxquels on pense. Mais je suis ouvert. Très ouvert.
Quelle est la chose dont tu es le plus fier ?
D’être encore là. De ne pas avoir abandonné.
Mitxoda, ce n’est pas juste un projet musical, c’est en quelque sorte mon acte de résistance intime. Et ce dont je suis le plus fier, c’est d’avoir réussi à créer une petite communauté bienveillante autour de ce projet. À chaque fois que quelqu’un me dit qu’un morceau l’a touché, ou qu’il a découvert un·e autre artiste via la newsletter (ndlr: la Mitxoda Weekly en anglais) ou mon Salon Indie (ndlr; mon émission hebdo en radio), je me dis que ça vaut le coup.

Et puis, je suis aussi fier d’avoir osé faire des morceaux. En français, en anglais… je suis pianiste, bassiste à la base. Je joue guitare, batterie aussi. Mais alors, chanter ? c’était un gros challenge ! Ca s’entend surement je pense :-). Mais j’apprends à assumer mes fragilités,
Et enfin, d’avoir lancé la Mitxoda Weekly sans jamais rater une seule semaine, même les jours où tout allait de travers – j’en suis à la 44e, et je ne me rends pas bien compte de ce que j’ai fait, mais je l’ai fait… mais je pense tout le temps à la fin. Peut-être qu’un an, ça pourrait suffire. Peut-être pas. Ma fierté ou mon choix est quelque part entre les mains de mes lecteurs, qui adorent les interviews que je fais, les petites capsules historiques aussi, et la review des chansons qu’on m’envoie; C’est du taff, mais j’en suis fier, c’est vrai.
As-tu un conseil à donner aux artistes qui débutent ?
Oui. Plusieurs, même.
D’abord : ne cherchez pas à plaire. Cherchez à être sincères. Je crois dans l’honnêteté des gens. Je ne crois pas en la naïveté, je l’ai été beaucoup trop (et je le suis probablement encore un peu !). Ca peut faire plus de dégâts qu’on ne le pense…
Ensuite : entourez vous bien. La solitude peut être féconde, mais le soutien change tout.
Et surtout : acceptez que votre voix puisse évoluer. Ne vous comparez pas (je sais, c’est facile à dire). Prenez le temps. Publier un morceau, ce n’est pas une fin, c’est vraiment le début !
Et enfin : n’oubliez jamais que vous avez le droit d’exister en dehors de l’algorithme. Votre art ne dépend pas d’un chiffre, mais de ce qu’il provoque chez quelqu’un d’autre.
Evidemment qu’on est accro aux chiffres, c’est le truc que Spotify et autres nous balancent à longueur de journée… mais allez chercher le feedback, la vraie raison pour laquelle UNE personne a écouté votre morceau. Ca vaut tout l’or du monde. Et on en ressort bien plus riche pour avancer dans son art.
Ca paye pas, tu vas me dire, mais ça, c’est le monde indie dans lequel on évolue… Les règles sont hyper cadenassées par certains géants, qui ne veulent pas de cette masse indie encombrante. Et c’est dommage. On vaut bien plus que ça. Et je le ressens tous les jours en discutant avec des gens de la planète entière. C’est peut-être ça aussi la beauté du mouvement indie. Il est bien réel, mais il n’appartient à personne. Surtout pas aux grosses multinationales “musicales”.

POUR EN SAVOIR PLUS
Vous pouvez retrouver Mitxoda :
- sur son site internet : https://mitxoda.be/
- sur Facebook : https://www.facebook.com/mitxoda
- sur Instagram : https://www.instagram.com/mitxoda/?hl=fr
- et partout ailleurs (twitter, bluesky, tiktok, etc) avec l’ID @mitxoda
La musique de Mitxoda est également sur les plateformes musicales et sur les playlists de « Let’s ZZEU music play ! » : Retrouvez toutes nos playlists ici en multiplateforme


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